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Traité sur l'Évangile de Luc

EXLU · Ambroise de Milan · 389 · FR · 1068 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

Donc le Seigneur Jésus, qui est venu plus tard au monde dans sa chair, relevant le rempart de cette clôture antique, nous a ramenés à la pratique de nos ancêtres et à l'antique simplicité de la foi. Aussi le Prophète a-t-il dit de Lui : « Vous serez appelé constructeur de clôture » (Is., LVIII, 12) ; car II supprima cet obstacle qui rompait l'unité de l'âme et du corps et la continuité d'une vie simple, et II se fit « Lui-même notre paix, de deux ne faisant qu'un et détruisant la paroi médiane de la clôture » (Éphés., II, 14), paroi dont l'Apôtre explique que ce sont les inimitiés dans la chair. Ces inimitiés donc, le Seigneur les a supprimées pour répandre la paix, et II a « aboli la loi des commandements et des préceptes pour fondre les deux en un homme nouveau », ce qui signifie non seulement l'homme extérieur et intérieur mais encore le Juif et le Grec, en sorte que le Christ fût tout et en tous (Rom., I, 16 ; II, 10 ; I Cor., XV, 28). Car le Maître du sabbat a aboli la superstition d'un sabbat matériel et comme détruit la paroi médiane de la Loi, qui nous détournait de la piété qui est selon Dieu, par la difficulté des prescriptions : attendu qu'avec la loi de Moïse il n'était ni facile ni possible aux Gentils de servir Dieu, la vaine superstition des Juifs rebutant le pur désir qu'avaient les Gentils de se soumettre à son observance. Mais alors ? la Loi fut inutile ? pas du tout (Rom., III, 31) ; mais elle était utile aux incrédules, nécessaire aux faibles : elle les retenait sur la pente des égarements par l'austérité d'un commandement salutaire et les emprisonnait dans l'attention aux observances. Mais la Loi est bonne parce que spirituelle (Rom., VII, 14) ; elle n'est donc pas bonne à qui ne la croit pas spirituelle, à celui dont l'esprit mesquin et terre à terre n'a pu voir la majesté qui surpasse la Loi, celle du Christ. Cette gloire de Dieu, Isaïe, âme sublime, regardant pour ainsi dire par-dessus cette muraille, a pu la voir (Is., VI, 1) : on la voit sur les montagnes, non sur les collines. Aussi l'Église nous a-t-elle enseigné, au Cantique des Cantiques, que cette paroi n'a pu être un obstacle pour Notre Seigneur Jésus-Christ, ni pour celui qui a suivi le Christ. Elle dit : « C'est la voix de mon frère : le voici qui vient, bondissant sur les montagnes, franchissant les collines. Il ressemble, mon frère, à la chèvre ou au faon des biches sur les monts de Bethel. Le voici, derrière notre mur, regardant par la fenêtre, regardant par le treillis. Il parle, mon frère, et me dit : « Lève-toi, viens, ma soeur, ma belle, ma colombe ; car voilà l'hiver passé, cet obstacle qui rompait l'unité de l'âme et du corps et la continuité d'une vie simple, et II se fit « Lui-même notre paix, de deux ne faisant qu'un et détruisant la paroi médiane de la clôture » (Ephés., II, 14), paroi dont l'Apôtre explique que ce sont les inimitiés dans la chair. Ces inimitiés donc, le Seigneur les a supprimées pour répandre la paix, et II a « aboli la loi des commandements et des préceptes pour fondre les deux en un homme nouveau », ce qui signifie non seulement l'homme extérieur et intérieur mais encore le Juif et le Grec, en sorte que le Christ fût tout et en tous (Rom., I, 16 ; II, 10 ; I Cor., XV, 28). Car le Maître du sabbat a aboli la superstition d'un sabbat matériel et comme détruit la paroi médiane de la Loi, qui nous détournait de la piété qui est selon Dieu, par la difficulté des prescriptions : attendu qu'avec la loi de Moïse il n'était ni facile ni possible aux Gentils de servir Dieu, la vaine superstition des Juifs rebutant le pur désir qu'avaient les Gentils de se soumettre à son observance. Mais alors ? la Loi fut inutile ? pas du tout (Rom., III, 31) ; mais elle était utile aux incrédules, nécessaire aux faibles : elle les retenait sur la pente des égarements par l'austérité d'un commandement salutaire et les emprisonnait dans l'attention aux observances. Mais la Loi est bonne parce que spirituelle (Rom., VII, 14) ; elle n'est donc pas bonne à qui ne la croit pas spirituelle, à celui dont l'esprit mesquin et terre à terre n'a pu voir la majesté qui surpasse la Loi, celle du Christ. Cette gloire de Dieu, Isaïe, âme sublime, regardant pour ainsi dire par-dessus cette muraille, a pu la voir (Is., VI, 1) : on la voit sur les montagnes, non sur les collines.