Aussi l'Eglise nous a-t-elle enseigné, au Cantique des Cantiques, que cette paroi n'a pu être un obstacle pour Notre Seigneur Jésus-Christ, ni pour celui qui a suivi le Christ. Elle dit : « C'est la voix de mon frère : le voici qui vient, bondissant sur les montagnes, franchissant les collines. Il ressemble, mon frère, à la chèvre ou au faon des biches sur les monts de Bethel. Le voici, derrière notre mur, regardant par la fenêtre, regardant par le treillis. Il parle, mon frère, et me dit : « Lève-toi, viens, ma soeur, ma belle, ma colombe ; car voilà l'hiver passé, la pluie s'en est allée, a disparu. Les fleurs apparaissent sur terre, la saison de couper arrive, la voix de la tourterelle se fait entendre » (Cant., II, 8-12). Les fleurs sont les Apôtres, le temps de la moisson, c'est la récolte du Christ, la voix de la tourterelle est la voix de l'Eglise. C'est donc à bon droit que le Fils de Dieu, voyant les hommes terre à terre, sans élan vers les hauteurs, prisonniers d'un étroit matérialisme ? car « il n'y en avait pas pour accomplir le bien, il n'y en avait pas un seul » (Ps. 13, 3) ? a daigné descendre Lui-même sur terre pour supprimer cette paroi de la Loi, cette masse, pour ainsi dire, et cette superstition d'un entendement matériel, qui accablait et obscurcissait en quelque sorte le coeur des peuples. Ainsi la muraille vaut mieux que la paroi. Aussi bien, elle n'était pas bonne cette paroi blanchie, mot lancé non sans raison au prince des prêtres (Act., XXIII, 2), puisqu'il maintenait les obstacles, de cette paroi intermédiaire que le Seigneur Jésus a supprimée comme un service accablant, afin d'introduire une pratique plus éclairée de la religion, en sorte que désormais ce ne fût plus la seule race des Juifs, comme enfermée dans les prescriptions matérielles de la Loi, mais toutes les nations qui seraient appelées au culte de Dieu par l'Évangile.