Donc ces deux jumeaux sont deux vies, deux milices, dont la première vaut mieux que la suivante : aussi ce qui était meilleur a-t-il été restauré. Qui pourrait nier que l'Évangile l'emporte sur la Loi ? La Loi est pourtant bonne, mais à condition d'élever l'âme au-dessus de la lettre, car « la lettre tue » (II Cor., III, 6). Or quel profit présenterait cette histoire si nous n'y voyions la lumière d'un tel mystère ? Car le saint Apôtre nous a enseigné à chercher à travers la simplicité de l'histoire les secrets de la vérité et à appliquer notre intelligence à certaines considérations que la lettre ne peut nous faire comprendre : « Dites-moi, écrit-il, vous qui avez lu la Loi, n'avez-vous pas entendu la Loi ? Car il est écrit qu'Abraham eut deux fils, un de la servante et un de la femme libre ; mais celui de la servante naquit selon la chair, celui de la femme libre selon la promesse. Ceci, ajoute-t-il, a été dit en allégorie : car ce sont les deux Testaments » (Gal., IV, 21-24). Et plus bas : « Or la Jérusalem qui est d'en haut est libre» (Ib., IV, 26).