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Traité sur l'Évangile de Luc

EXLU · Ambroise de Milan · 389 · FR · 1068 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

Mais le meilleur moyen de briser le piège était de présenter un appât quelconque au diable : ainsi, se jetant sur la proie, il serait pris à ses filets, et moi je pourrais dire : « Ils ont préparé des pièges pour mes pieds, et ce sont eux qui y sont tombés » (Ps. 56, 7). Quel pouvait être cet appât, sinon un corps ? Il fallut donc user avec le diable de cet artifice, que le Seigneur Jésus prît un corps, et un corps corruptible, un corps infirme, pour être crucifié grâce à cette infirmité. Car si c'eût été un corps spirituel, II n'aurait pas dit : «L'esprit est alerte, mais la chair infirme» (Matth., XXVI, 41). Écoutez donc l'une et l'autre voix, celle de la chair infirme et celle de l'esprit alerte : « Père, s'il est possible, que ce calice s'éloigne de moi » : c'est la voix de la chair ; « mais non pas ce que je veux, moi, mais ce que vous voulez » (Matth., XXVI, 39) : voilà le dévouement et la vigueur de l'esprit. Pourquoi faire fi de la condescendance du Seigneur? C'est par condescendance qu'il a pris mon corps, par condescendance qu'il a pris mes misères, pris mes infirmités ; la nature de Dieu ne pouvait assurément les ressentir, puisque la nature humaine elle-même a appris à les mépriser, ou à les supporter et endurer. Ainsi donc suivons le Christ, selon ce qui est écrit : « Tu marcheras à la suite du Seigneur ton Dieu et lui seras attaché » (Deut., XIII, 4). A qui m'attacher sinon au Christ, comme l'a dit Paul : « Celui qui s'attache au Seigneur n'est qu'un esprit avec Lui » (I Cor., VI, 17). Suivons donc ses traces, et nous pourrons revenir du désert au paradis.