Voyez par quels chemins nous sommes ramenés : maintenant le Christ est au désert ; II y pousse l'homme, l'instruit, le forme, l'exerce, le frotte de l'huile spirituelle ; dès qu'il le voit plus robuste, II l'emmène à travers les lieux ensemencés et fertiles, lorsque les Juifs se sont plaints de ce que ses disciples, le jour du sabbat, froissaient des épis cueillis sur la moisson (Matth., XII,I sqq.)— car dès ce moment II avait installé ses Apôtres dans le champ cultivé et dans le travail fructueux—; enfin II l'établit dans le verger, au temps de la Passion ; car vous lisez : «Ayant ainsi parlé, Jésus traversa avec ses disciples le torrent du Cédron ; il y avait là un jardin où II entra, Lui et ses disciples » (Jn, XVIII, 1). Car le champ fertile est moins que le jardin, comme l'enseigne le prophète au Cantique des Cantiques : « C'est un jardin clos que ma soeur et épouse, un jardin clos, une fontaine scellée ; votre souffle est un verger » (Cant., IV, 12 sqq.). Telle est la virginité pure et sans tache de l'âme qui ne se laisse détourner de la foi par nulle frayeur des supplices, par nul attrait des plaisirs du monde, par nul amour de la vie. Enfin le rappel de l'homme par la vertu du Seigneur a pour garant entre tous l'évangéliste qui seul nous montre le Seigneur disant au larron : « Vraiment je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi en paradis » (Lc, XXIII, 43).