Mais dans quel but l'évangéliste a-t-il noté que Je Seigneur eut faim, quand pour le jeûne de Moïse et d'Élie nous ne trouvons aucune indication de ce genre ? Est-ce que la patience des hommes serait plus courageuse que Dieu ? Mais Celui qui n'a pu avoir faim pendant quarante jours a montré qu'il avait faim non de la nourriture du corps, mais du salut, harcelant du même coup l'adversaire déjà ébranlé, que le jeûne de quarante jours avait blessé. Ainsi la faim du Seigneur est une pieuse ruse : le diable, redoutant chez Lui une supériorité, se tenait déjà sur ses gardes : leurré par la vue de sa faim, il allait le tenter comme un homme, et rien n'empêcherait le triomphe. Apprenez en même temps ce mystère : c'est l'ouvrage du Saint-Esprit, le jugement de Dieu, que le Christ se soit exposé au diable pour être tenté. « Et le diable Lui dit : Si tu es fils de Dieu, dis à cette pierre de devenir pain. »