On dira peut-être que seul celui qui a fait le mal est craintif. Pourtant celui qui navigue sur mer craint davantage, et par contre, quand on est solidement installé sur la terre ferme, on n'a pas coutume de craindre le naufrage ; mais si l'on s'embarque sur l'élément mobile, on est exposé à des dangers plus fréquents. Fuyez donc la mer du siècle : vous ne redouterez pas le naufrage. Alors même que souvent la cime des arbres est battue par le souffle des vents déchaînés, leurs racines sont affermies et ils ne tombent pas ; mais lorsque sur mer les vents font rage, si tous ne font pas naufrage, tous du moins sont en péril. De même, contre le souffle des esprits pervers, nul n'est en sûreté sur le sable (Cf. Matth., VII, 27) ou en mer, et « les navires de Tharsis sont souvent brisés par la violence du vent » (Ps. 47, 8). Ceci au sens moral.