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Traité sur l'Évangile de Luc

EXLU · Ambroise de Milan · 389 · FR · 1068 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

II est clair que cette parole du Seigneur Sauveur nous forme et nous exhorte au zèle à honorer Dieu ; elle montre que nul n'est guéri et délivré de la maladie qui macule sa chair s'il n'a recherché la santé avec un soin religieux : car ce n'est pas aux dormeurs que les bienfaits divins sont accordés, mais aux vigilants. Et par un exemple et une comparaison bien choisis, l'arrogance de ses compatriotes envieux se trouve confondue, et il est établi que la conduite du Seigneur est d'accord avec les anciennes Écritures. Nous lisons en effet dans les livres des Rois qu'un Gentil, Naaman, a été, selon la parole du Prophète, délivré des taches de la lèpre (II Rois, V, 14) ; pourtant bien des Juifs étaient rongés par la lèpre du corps, et aussi de l'âme : car les quatre hommes qui, pressés par la faim, allèrent les premiers au camp du roi de Syrie, étaient lépreux, nous dit l'histoire (II Rois, VII, 3 sqq.). Pourquoi donc le Prophète ne soignait-il pas ses frères, ne soignait-il pas ses concitoyens, ne guérissait-il pas les siens, alors qu'il guérissait les étrangers, qu'il guérissait ceux qui ne pratiquaient pas la Loi et ne partageaient pas sa religion ? N'est-ce pas que le remède dépend de la volonté, non de la nation, et que le bienfait divin se conquiert par les désirs, mais n'est pas accordé par droit de naissance ? Apprenez à implorer ce que vous désirez obtenir ; le fruit des bienfaits divins ne poursuit pas les gens indifférents.