Mais encore que ce simple exposé puisse former les dispositions morales, le charme du mystère ne demeure pas voilé. De même que la suite dérive de ce qui précède, de même ce qui précède est confirmé par ce qui suit. Nous avons dit dans un autre livre que cette veuve à qui Elie fut envoyé préfigurait l'Église. Il convient que le peuple vienne après l'Église. Ce peuple rassemblé d'entre les étrangers, ce peuple jadis lépreux, ce peuple jadis souillé avant d'être baptisé dans le fleuve mystérieux, ce même peuple, après le mystère du baptême, lavé des souillures du corps et de l'âme, commence à être non plus lèpre, mais vierge sans tache et sans ride (Ephés., V, 25). C'est donc à juste titre qu'on décrit Naaman grand aux yeux de son maître et d'admirable prestance, puisqu'on lui nous est montrée la figure du salut qui viendra pour les Gentils. Les conseils d'une sainte servante, qui, après la défaite de son pays, était tombée captive au pouvoir de l'ennemi, l'ont averti d'attendre d'un prophète son salut ; il est guéri non par l'ordre d'un roi de la terre, mais par une libéralité de la miséricorde divine.