Pourtant ce n'est pas assez de ne pas chercher vous-même le profit : vous devez retenir encore les mains de vos serviteurs. Il ne vous est pas uniquement demandé de vous garder seul intègre et sans tache ; car l'Apôtre n'a pas dit : « Gardez-vous seul », mais « vous-même gardez-vous intègre » (I Tim., V, 22). Est donc requise non seulement votre intégrité à l'endroit de tels trafics, mais encore celle de votre maison ; car « il faut que l'évêque soit sans reproche, gouvernant bien sa maison, tenant ses enfants dans la soumission et en toute chasteté. Mais si quelqu'un ne sait gouverner sa maison, comment aura-t-il soin de l'Église » (I Tim., III, 2-5) ? Instruisez donc votre domesticité ; exhortez-la, surveillez-la, et, si un serviteur vous trompe ? je n'exclus pas ce qui est possible à l'homme ? s'il est surpris, congédiez-le, à l'exemple du prophète. Le honteux salaire est vite suivi de la lèpre, et l'argent mal acquis souille le corps et l'âme. « Tu as reçu de l'argent, est-il dit, et tu en auras un champ, une vigne et des olivaies et des troupeaux ; et la lèpre de Naaman s'attachera à toi et à ta postérité pour toujours. » Voyez comme l'acte du père fait condamner la suite de ses héritiers ; car c'est une faute inexpiable de vendre les mystères, et la grâce céleste fait peser sa vengeance sur les descendants. Aussi bien « les Moabites » et autres « n'entreront pas jusqu'à la troisième et quatrième génération » (Deut., XXIII, 3), c'est-à-dire, pour interpréter simplement, jusqu'à ce que la faute des ancêtres ait été effacée par plusieurs générations successives.