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Traité sur l'Évangile de Luc

EXLU · Ambroise de Milan · 389 · FR · 1068 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

Peut-être aussi, figurée par cette femme, belle-mère de Simon et d'André, était-ce notre chair qui souffrait des fièvres variées des péchés et brûlait des transports démesurés des diverses convoitises. La fièvre d'aimer n'est pas moindre, dirai-je, que celle qui échauffe. Cette fièvre-là brûle l'âme, l'autre le corps. Car notre fièvre, c'est la débauche : les convoitises sont brûlantes ; aussi l'Apôtre dit-il : « Que ceux qui ne peuvent se contenir, se marient ; mieux vaut se marier que brûler » (7 Cor., VII, 9). Notre fièvre, c'est le luxe ; notre fièvre, c'est la colère. Bien qu'étant vices de la chair, ils font pénétrer leur feu dans les os, ils affectent l'esprit, l'âme et les sens. L'âme est la première sollicitée par l'artifice du diable : car un champ fertile, un vêtement, un bijou, tout cela est persuasion du serpent. L'attrait des honneurs, le faîte du pouvoir, les délices des festins, la beauté d'une courtisane, c'est le piège du diable ; ce sont comme les propos séduisants de l'esprit pervers, qui, par la séduction de la chair qu'amollit bien vite une légèreté quasi féminine, précipite aussi et dégrade l'âme, car la beauté d'une femme n'est pas convoitée d'abord par l'âme, mais par les yeux du corps : aussi bien ce que vous ne voyez pas, vous ne l'aimez pas ; mais dès que la chair a convoité, l'âme se passionnant avec elle voit défaillir sa constance, l'esprit partageant cet amour fléchit (ils sont deux en un même corps) (Gen., II, 24), et ainsi la mort pénètre par le crime accompli.