A peser ces choses d'un point de vue plus profond, nous devons y entendre la santé de l'âme et du corps : d'abord l'âme, en proie aux embûches du serpent, est délivrée ; car l'âme ne serait jamais vaincue par le corps, si d'abord elle n'était tentée par le diable. Du moment, en effet, que l'âme meut, vivifie et conduit le corps, comment pourrait-elle se laisser prendre à ses appâts, si elle n'était elle-même enlacée par les liens de quelque puissance plus élevée ? Aussi bien Eve n'a-t-elle éprouvé la faim qu'une fois tentée par la ruse du serpent : et c'est pourquoi le remède salutaire devait agir d'abord contre l'auteur même du péché.