II y a lieu de se rappeler comment le premier Adam fut chassé du paradis dans le désert, pour remarquer comment le second Adam revint du désert au paradis. Voyez aussi comment les dommages se réparent suivant leur enchaînement, et comment les bienfaits divins se renouvellent en reprenant leurs propres traces. Une terre vierge a donné Adam, le Christ est né de la Vierge ; celui-là fut fait à l'image de Dieu, Celui-ci est l'Image de Dieu ; celui-là fut placé au-dessus de tous les animaux sans raison, Celui-ci au-dessus de tous les vivants ; par une femme la folie, par une vierge la sagesse ; la mort par un arbre, la vie par la Croix. L'un, dépouillé du spirituel, s'est couvert de la dépouille d'un arbre ; l'autre, dépouillé au temporel, n'a pas souhaité un vêtement corporel. Adam est au désert, au désert le Christ : car II savait où trouver le condamné pour dissiper son égarement et le ramener au paradis ; mais comme il ne pouvait y revenir couvert des dépouilles de ce monde, comme on ne peut être habitant du ciel sans être dépouillé de toute faute, il a quitté le vieil homme, revêtu le nouveau (Col., III, 9 sqq.) : ainsi, comme les décrets divins ne peuvent être abrogés, il y aurait changement de personne plutôt que commutation de sentence.