Pourtant si l'on arrache ce roseau des plantations de la terre, si on le débarrasse du superflu ? en se dépouillant du vieil homme et de ses actes (Col., III, 9) ? si on le conduit par la main du scribe à l'écriture rapide, voici que ce n'est plus un roseau mais une plume, qui gravera au fond de l'âme les préceptes des divines Écritures, les inscrira sur les tablettes du coeur (II Cor., III, 2). De cette plume vous savez qu'il est dit : « Ma langue est la plume d'un scribe à l'écriture rapide » (Ps. 44, 2). D'autres veulent entendre cela du Christ ; donc dans le même passage nous lisons qu'il est parole, plume et scribe : parole, car II procède du sein mystérieux du Père : « Mon coeur a proféré la bonne parole » (Ib., 2) ; plume, parce que la chair du Christ a traduit la suite des volontés paternelles et accompli les ordres de la langue divine en répandant son sang sacré ; scribe, car par sa plume, par une sorte de fente sans séparation du Nouveau et de l'Ancien Testament, ou de sa divinité et de sa chair, il nous a révélé les mystères du dessein paternel.