Imitez ce roseau par la maîtrise de votre chair. Et trempez votre roseau, c'est-à-dire votre chair, non dans l'encre mais dans l'Esprit du Dieu vivant, pour que ce que vous écrivez soit éternel. C'est d'un tel roseau que Paul a écrit la lettre dont il dit : « Notre lettre, c'est vous... elle est écrite non avec de l'encre, mais par l'Esprit du Dieu vivant » (II Cor., III, 2-3). Baignez votre chair dans le sang du Christ (comme il est écrit : « Pour que votre pied baigne dans le sang » (Ps. 67, 24) ; vous aussi donc, baignez les pas de votre âme et les démarches de votre esprit dans la confession assurée de la croix du Seigneur. Vous baignez votre chair dans le sang du Christ si vous effacez vos défauts, si vous lavez vos péchés, si vous portez sur vous dans votre chair la mort du Christ, comme le dit l'Apôtre : « Portant avec nous dans notre chair la mort de Jésus-Christ » (II Cor., IV, 10). Ne vous penchez donc pas vers la terre, de peur de briser votre roseau ; c'est pourquoi il a été prophétisé du Christ, parce qu'il ne se courberait pas vers la terre : « II ne brisera pas le roseau broyé » (Is., XL II, 3) : car cette chair que les péchés avaient broyée, II l'a raffermie par l'effet de sa résurrection. Bon roseau que la chair du Christ ! elle a cloué au gibet de la Croix la tête du serpent, du diable, et les attraits de la convoitise du monde. « Mais qu'êtes-vous allés voir au désert ? un roseau balancé au vent ? Qu'êtes-vous allés voir ? un homme couvert de vêtements moelleux ? »