Elle était donc sur pied, la riche moisson des vertus, aux multiples épis, auxquels sont comparés les fruits de nos mérites ; car comme eux, le mauvais temps les gâte, ou le soleil les grille, ou les pluies les détrempent, ou les orages les brisent, ou bien les moissonneurs les entassent dans le dépôt des greniers bienheureux. La terre donc avait déjà reçu la parole de Dieu et, ensemencé par le grain céleste, le champ nourricier avait produit de riches moissons. Les disciples avaient faim du salut des hommes, et semblaient extraire de la haie des corps le fruit des âmes, attiré à la lumière de la foi par les éclatants prodiges qu'ils opéraient. Mais les Juifs pensaient que ce n'était pas permis le sabbat ; le Christ, par un nouveau bienfait de la grâce, soulignait l'oisiveté de la Loi, l'action de la grâce.