Il est cependant remarquable qu'en Luc on dit le sabbat second-premier, non le premier-second : car il est écrit : ????????????? . Il fallait donner le pas à ce qui est meilleur. Second sabbat, parce qu'un premier est venu d'abord en vertu de la Loi, où un châtiment était prescrit pour quiconque travaillerait ; premier, parce que ce sabbat de la Loi, qui était le premier, a été aboli, et celui-là s'est trouvé le premier qui fut institué en second lieu. Car, puisqu'il est permis de travailler le sabbat et que travailler n'encourt nul châtiment, du sabbat légal qui a cessé d'être en vigueur il n'est resté pas même le nom ; puisque cependant il fut le premier par l'origine et l'autre quant au bienfait, ce dernier n'est pas moindre parce qu'il est second. Car Adam aussi est premier et il ne saurait être comparé au second Adam : « Le premier Adam, âme vivante ; le dernier Adam, esprit vivifiant » et « le premier homme, venant de la terre, est terrestre ; le second homme, venu du ciel, est céleste » (I Cor., XV, 45, 47). A coup sûr le second passe avant le premier : l'un cause la mort, l'autre la vie. De même on parle d'un sabbat second-premier : second dans l'ordre numérique, premier quant au bienfait réalisé ; car mieux vaut le sabbat où la peine est remise que celui où le châtiment est prescrit. La Loi est première, l'Évangile second ; pourtant la crainte est inférieure à la grâce. Ou bien, peut-être, premier dans la détermination du dessein, second dans l'exécution de la décision.