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Traité sur l'Évangile de Luc

EXLU · Ambroise de Milan · 389 · FR · 1068 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

Encore que l'abondance des richesses renferme bien des sollicitations au mal, il s'y trouve aussi plus d'une invitation à la vertu. Sans doute, la vertu n'a pas besoin de ressources, et la contribution du pauvre est plus digne d'éloge que la libéralité du riche ; pourtant ceux qu'il condamne par l'autorité de la sentence céleste ne sont pas ceux qui ont des richesses, mais ceux qui ne savent pas en user. Car si le pauvre est plus digne d'éloge quand il donne de bonne grâce et ne se laisse pas arrêter aux verrous de la disette en perspective, ne jugeant pas être pauvre s'il a suffisamment pour sa condition ; de même le riche est plus répréhensible, car il devait au moins rendre grâces à Dieu de ce qu'il a reçu, ne pas tenir caché et inutile un bien donné pour l'utilité commune, ne pas couver des trésors enfouis en terre. Ce n'est donc pas la fortune mais le sentiment qui est en faute. Et bien qu'à longueur de vie l'avare monte une garde inquiète, une faction misérable — supplice que rien ne surpasse — conservant dans une crainte angoissée ce qui pourvoira aux gaspillages de ses héritiers, pourtant, puisque les soins de l'avarice et le désir d'amasser sont comme repus d'une vaine jouissance, ayant eu la consolation de la vie présente, ils ont perdu la récompense éternelle.