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Traité sur l'Évangile de Luc

EXLU · Ambroise de Milan · 389 · FR · 1068 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

Et pour ne pas sembler détruire la Loi, le Seigneur maintient pour les bienfaits la réciprocité qu'il écarte pour les injures. Mais pourtant, quand II dit : « Comme vous voulez que les hommes vous fassent, faites-leur de même », le bien rendu est plus abondant, puisque l'action est ajustée sur les désirs. La vertu ne sait pas mesurer son bienfait : non contente de rendre ce qu'elle a reçu, elle veut renchérir sur ce qu'elle a recueilli, de peur d'être inférieure en bienfaisance, même si le service est égal. C'est que les bienfaits ne se pèsent pas seulement d'après la quantité, mais encore d'après l'ordre et le temps ; à égalité de bienfait, celui-là l'emporte qui a le premier commencé ; le bienfaiteur est celui qui a commencé à bien faire, le débiteur celui qui a rendu. C'est donc un bienfait de plus que l'initiative du bienfait : car celui qui rend l'argent ne paie pas le bienfait, et demeure débiteur du bienfait, même s'il ne l'est plus de l'argent ; alors pourquoi penser qu'en rendant le bienfait nous pouvons être quittes, puisque le rendre témoigne l'avoir reçu plus encore qu'en être dégagé ?