Le chrétien est donc formé à cette bonne école : non content du droit de nature, qu'il en cherche la délicatesse. Si tous, même les pécheurs, sont d'accord pour rendre l'affection, celui dont les convictions sont d'un ordre plus élevé doit aussi s'étudier plus généreusement à la vertu, au point d'aimer ceux mêmes qui ne l'aiment pas. Car si l'absence de titres à être aimé empêche l'amour de s'exercer, qu'elle n'empêche cependant pas la vertu. De même en effet que vous rougiriez de ne pas payer de retour celui qui vous aime, et que le désir de rendre un bienfait fait naître chez vous l'amour de celui qu'auparavant vous n'aimiez pas ; de même chez celui qui n'aime pas vous devez aimer (l'occasion de) vertu, de sorte qu'en aimant la vertu vous commenciez d'aimer celui que vous n'aimiez pas.