Ainsi, maintenant encore, ceux qui repassent l'Ancien Testament, jusqu'à ce qu'ils connaissent l'Évangile et recueillent pour ainsi dire les traces du corps du Seigneur, croient qu'il va venir et demandent si le Christ est ce Fils de Dieu qui doit venir. Et quand ils lisent le passage où II s'est entretenu avec Abraham (Gen., XVIII, 20, etc.), ou bien où II s'est montré comme chef de la milice céleste (Jos., V, 14), c'est alors qu'ils disent : Etes-vous Celui qui doit venir, ou en attendons-nous un autre ? Mais quand ils viennent à l'Évangile et reconnaissent que les aveugles ont la lumière, que les boiteux marchent, que les sourds ont entendu, que les lépreux ont été purifiés, que les morts ont ressuscité, alors ils disent : « nous l'avons vu et contemplé de nos yeux » et, dans les traces de ses clous, nous avons enfoncé nos doigts. Il nous semble en effet avoir vu Celui que nous lisons, l'avoir contemplé crucifié et avoir palpé ses blessures quand l'Esprit de l'Église les sonde : car si par le doigt de Dieu les démons sont chassés (Lc, XI, 20), la foi est aussi découverte par le doigt de l'Église. Ou bien encore, dans ce membre agissant de notre corps, il semble que tous nous ayons exploré l'ensemble de la Passion du Seigneur : car la foi est parvenue par quelques-uns au grand nombre. La Loi donc annonce que le Christ va venir ; le texte de l'Évangile affirme qu'il est venu.