Quels sont ces deux débiteurs ? ne s'agit-il pas de deux peuples, l'un constitué par les Juifs, l'autre par les Gentils, endettés vis-à-vis du prêteur des trésors célestes ? « L'un, dit-II, devait cinq cents deniers, l'autre cinquante. » Ce n'est pas peu de chose que ce denier, sur lequel est frappée l'image du roi, qui porte gravé le trophée de l'empereur. L'argent que nous devons à ce prêteur n'est pas matériel ; c'est le poids des mérites, la monnaie des vertus, dont la valeur se mesure au poids de la gravité, à l'éclat de la justice, au son de la louange. Malheur à moi si je n'ai plus ce que j'ai reçu ! ou plutôt, comme il est difficile à qui que ce soit de pouvoir rembourser au prêteur tout son dû, malheur à moi si je ne demande pas : « Remettez-moi ma dette ! » Car le Seigneur ne nous aurait pas enseigné à demander dans la prière que nos dettes nous soient remises, s'il ne savait qu'à peine se trouvera-t-il des débiteurs solvables.