TheoFonsAux sources de la foi

Traité sur l'Évangile de Luc

EXLU · Ambroise de Milan · 389 · FR · 1068 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

Que chacun donc s'emploie à acheter, de son travail et à force de vertus, un vase de parfum, non pas bon marché et commun, mais un parfum précieux dans un vase d'albâtre, un parfum pur. Car si l'on recueille les fleurs de la foi, et si l'on prêche Jésus-Christ crucifié, on répand le parfum de sa foi sur toute l'Église, qui est le corps du Christ, morte pour le monde, reposant en Dieu ; la demeure entière commence d'embaumer la Passion du Seigneur ; elle commence d'embaumer sa mort ; elle commence d'embaumer sa résurrection. Ainsi quiconque est du nombre de ce peuple saint peut dire : « A Dieu ne plaise que je me glorifie, sinon de la croix de Notre Seigneur Jésus-Christ » (Gal., VI, 14). L'odeur se répand, le parfum s'exhale sur le corps, si l'on peut — et plaise à Dieu que je le puisse, moi ! — dire avec assurance : « Le monde est crucifié pour moi » (Ib.). Pour qui n'aime pas les richesses, n'aime pas les honneurs du siècle, n'aime pas ce qui est à lui, mais ce qui touche Jésus-Christ, n'aime pas ce qui se voit mais ce qui ne se voit pas, pour qui ne tient pas à la vie, mais est pressé de se dissoudre et d'être avec le Christ (cf. Phil., I, 23), le monde est crucifié. C'est là prendre la croix et suivre le Christ, afin, nous aussi, de mourir et d'être ensevelis avec Lui ; afin de pouvoir exhaler le parfum que cette femme a employé en vue de sa sépulture. Ce n'est pas peu que ce parfum : par lui le nom du Christ est répandu de toutes parts. De là encore cette parole prophétique : « C'est un baume répandu que votre nom » (Cant., I, 2) : répandu, pour que la foi exhale davantage ce parfum.