N'abandonnons donc à aucun prix un tel Maître, qui daigne nous distribuer les aliments selon les forces de chacun, de peur que le faible ne soit accablé par une nourriture trop solide, ou que de légers aliments ne rassasient pas le fort ; car « celui qui est infirme doit manger des légumes » (Rom., XIV, 2), et celui qui déjà semble échapper aux entraves de l'infirmité mangera de ces cinq pains et de ces deux poissons. Du moins, s'il a peur de demander la nourriture, qu'il abandonne tous ses biens et se hâte vers la parole de Dieu : commençant à entendre, il commence d'avoir faim ; les Apôtres commencent à voir cet affamé ; même s'ils ne comprennent pas encore de quoi il a faim, le Christ le comprend : II sait qu'il n'a pas faim d'une nourriture matérielle, mais de la nourriture du Christ. Qu'il dise : « Je ne veux pas les renvoyer à jeun, de peur qu'ils ne défaillent en route » (Matth., XV, 32). Bon maître, II demande le zèle, fournit les forces.