Si vous vouliez, Seigneur Jésus, ne pas laisser ceux-ci à jeun avec moi, mais les repaître des aliments que vous distribuez, afin que fortifiés par votre nourriture ils puissent ne pas redouter la faiblesse du jeûne ! Si vous disiez de nous aussi : « Je ne veux pas les renvoyer à jeun ! » Dites-moi encore pour quelle raison vous ne voulez pas les renvoyer à jeun ; ou plutôt, vous l'avez déjà dit : celui que vous renvoyez à jeun défaille sur le chemin, c'est-à-dire défaille soit dans le parcours de cette vie, soit avant de parvenir au terme de la route, avant de parvenir au Père et de comprendre que le Christ vient du Père, avant de comprendre que le Christ vient du ciel, de comprendre que le Christ qui en est descendu est le même qui y est monté (Éphés., IV, 10), de peur qu'ayant appris qu'il est né d'une Vierge, il ne se prenne à juger que sa puissance est non divine, mais humaine. Afin donc qu'ils ne défaillent pas« donnez-leur vous-mêmes à manger », dit-II. Mais ils dirent : «Nous n'avons pas plus de cinq pains et deux poissons, à moins d'aller acheter des vivres pour toute cette foule. »