Il ne nous répugne donc pas de calculer que les quatre mille, rassemblés des quatre coins du monde et figurant l'Eglise, reçoivent la nourriture d'une grâce plus grande, ainsi qu'il est écrit : « II en viendra de l'Orient et de l'Occident et du Septentrion et du Midi, et ils s'attableront avec Abraham et Isaac et Jacob au Royaume des cieux » (Matth., VIII, 11). C'est ce dont ici le Christ rend grâces au Père : car ce n'est pas en vain qu'ailleurs il y a seulement bénédiction, ici action de grâces également (cf. Jn, VI, 11). Oui, le Seigneur a coutume de rendre grâces au Père pour son Eglise, de ce qu'il a révélé aux petits ce qu'il a caché aux sages (Matth., XI, 25). La bénédiction est donc pour nous qui sommes moins élevés, l'action de grâces pour ceux qui ont triomphé des faiblesses de leur corps par le saint martyre. Nous avons déjà effleuré ce point plus haut : lorsqu'on fait asseoir par cinquante, sans doute ce nombre est sacré, mais il est déterminé ; il semble qu'ici on ait le peuple d'une Eglise mieux affermie, qui prend place sans détermination de nombre.