Tantôt ils se vendent un as, tantôt le double (cf. Matth., X, 29 ; Lc, XII, 6). Combien peu valent les péchés ! car la mort est commune, la vertu a du prix. L'adversaire en effet nous expose en vente comme des esclaves captifs et nous met à vil prix ; mais le Seigneur nous a traités comme de beaux serviteurs, qu'il a faits à son image et ressemblance, et, appréciant en connaisseur son ouvrage, nous a rachetés à grands frais, comme le dit le saint Apôtre : « Vous avez été payés cher » (I Cor., VI, 20). Oui, cher ; on n'a pas calculé en argent, mais en sang : car le Christ est mort pour nous ; Il nous a libérés par son sang précieux, comme le rappelle encore saint Pierre, quand il nous écrit, dans son épître : « Ce n'est point par de l'argent ou de l'or périssables que vous avez été rachetés de la vaine existence que vous avaient léguée vos pères, mais par un sang précieux, étant celui de l'Agneau sans souillure et sans tache, le Christ Jésus » (I Pierre, I, 18) ; oui, précieux, puisque c'est le sang d'un corps sans tache, puisque c'est le sang du Fils de Dieu, qui nous a rachetés non seulement de la malédiction de la Loi (Gal., III, 13), mais encore de la mort définitive de l'impiété.