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Traité sur l'Évangile de Luc

EXLU · Ambroise de Milan · 389 · FR · 1068 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

On peut aussi considérer le corps et l'âme, séparés de l'odorat, du toucher et du goût de la luxure, s'opposant dans la même maison aux vices qui les assaillent, le corps et l'âme se soumettant à la loi de Dieu, s'écartant de la loi du péché. Bien que leur désaccord soit devenu nature par la prévarication du premier homme, en sorte qu'ils ne s'entendaient jamais dans un commun effort vers la vertu, cependant, la croix du Seigneur ayant fait disparaître les inimitiés comme la loi des préceptes (Éphés., II, 14-16), ils se sont rapprochés et associés dans la concorde, après que le Christ notre paix, descendant du ciel, « eut réuni les deux en un et détruit le mur d'inimitiés qui les séparait, abolissant dans sa chair la loi des ordonnances et des prescriptions, pour faire des deux un seul homme nouveau, faisant la paix et réconciliant l'un et l'autre en un même corps avec Dieu » (Ib). Quels sont ces deux, sinon l'intérieur d'une part, de l'autre l'extérieur ? L'un concerne la vigueur de l'âme, l'autre se rapporte à la sensibilité corporelle : encore qu'elles s'accordent dans l'inséparable unisson de leurs sentiments, lorsque la chair, soumise à sa supérieure, obéit à ses ordres salutaires. Ce n'est pas qu'elle prenne la nature de l'âme, dont la subtilité pénétrerait la matière ; mais, renonçant aux délices, purifiée de toute souillure des vices, elle entre dans la voie d'une vie céleste par l'amour de l'obéissance ; elle ne résiste plus, comme jadis, à la loi de l'âme, mais, délivrée, par la loi de l'âme et par l'Esprit de vie, de la loi du péché, la chair devient complément de l'âme : elle n'est plus l'entremetteuse des vices, mais l'imitatrice et comme la suivante de la vertu.