Je sais à n'en pas douter que, dans la pensée de certains, il s'agit de ce monde, jusqu'à ce qu'il lève par la Loi, les Prophètes, l'Évangile, en sorte que toute langue rende hommage au Seigneur. Ainsi examinons le tout, cherchons avec plus de soin ; nul ne trouve s'il n'a d'abord cherché. Construisons une tour, supputons la dépense des Écritures, faisons des frais, de peur qu'on ne dise un jour de nous aussi : « Il a voulu construire et n'a pu terminer » (Lc, XIV, 28) . Quand on construit, il faut poser une bonne fondation. La bonne fondation, c'est la foi ; la bonne fondation est celle des Apôtres et des Prophètes (Éphés., II, 10) : car c'est sur les deux Testaments que s'élève notre foi, et l'on ne manque pas à la justice en disant que dans l'un et l'autre égale est la mesure de la foi parfaite, puisque le Seigneur même a dit : « Si vous aviez foi en Moïse, vous auriez foi en moi » (Jn, V, 46), attendu qu'en Moïse même c'est le Seigneur qui a parlé. Il est donc vrai qu'en l'un et l'autre la mesure est parfaite, puisqu'il est achevé en l'un et l'autre, et que l'un et l'autre ont une même foi, parce qu'oracle et contrepartie ont même portée et même sens.