Je préfère pourtant m'en tenir à l'enseignement du Seigneur Lui-même : le levain, c'est la doctrine spirituelle de l'Eglise. Car du moment qu'il est écrit : « Prenez garde au levain des pharisiens » (Matth., XVI, 6), et que l'Apôtre a dit : « Pas avec le levain du mal et de la perversité » (I Cor., V, 8), cela montre que la doctrine est le levain. Mais autre est le levain de l'ivraie, autre le levain du froment : aussi sommes-nous d'accord avec les bons auteurs pour dire que l'Église sanctifie par le levain spirituel l'homme, qui est fait de corps, d'âme et d'esprit. Car le corps et l'âme sont sanctifiés, et la grâce spirituelle même reçoit un accroissement de sanctification, quand, par le ministère de l'Eglise pour ainsi dire en fermentation, et par l'enseignement des Écritures, qui s'enfle en quelque sorte par le brassage et l'abondance des paroles célestes, leur commerce répandu dans l'homme entier, mêlé à lui, l'aura pénétré de telle sorte que tout ne soit plus qu'un seul levain35 . C'est bien ce qui a lieu, quand ces trois éléments s'entendent comme par la balance égale des désirs et sont animés par le commun accord des vouloirs.