Que l'on recueille donc les deux points de vue, si l'on veut — comme Lazare. Je lui trouve une ressemblance avec celui qui, plusieurs fois flagellé par les Juifs (cf. II Cor., XI, 24) pour donner patience aux croyants et appeler les Gentils, offrait, pour ainsi dire, les ulcères de son corps à lécher à des chiens ; car il est écrit : « Ils se convertiront sur le soir et ils endureront la faim comme des chiens » (Ps. 58, 15). La Chananéenne a reconnu ce mystère, et il lui est dit : « Personne ne prend le pain des enfants pour le jeter aux chiens. » Elle a reconnu que ce pain n'est pas le pain qui se voit, mais celui qui se comprend ; aussi répondit-elle : « Sans doute, Seigneur ; mais les petits chiens mangent aux miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » Ces miettes viennent de ce pain ; et puisque le pain c'est la parole, et la foi à la parole, les miettes sont pour ainsi dire les dogmes de la foi. Là-dessus, le Seigneur répond, pour montrer qu'elle avait parlé en croyante : « O femme, grande est votre foi » (Matth., XV, 22 ssq.).