O bienheureux ulcères, qui empêchez la souffrance éternelle ! O miettes abondantes, qui chassez le jeûne sans fin, qui comblez d'aliments éternels le pauvre qui vous recueille ! Le chef de la Synagogue vous rejetait de sa table, quand il repoussait les mystères intimes des écrits prophétiques et de la Loi : car les miettes sont les paroles des Ecritures, dont il est dit : « Et vous avez rejeté mes discours derrière vous » (Ps. 49, 17). Le scribe vous rejetait ; mais Paul vous recueillait avec le plus grand soin, attirant le peuple par ses souffrances. Ceux-là léchaient ses ulcères qui l'ont vu, mordu par le serpent, sans crainte secouer le serpent, et qui ont cru (Act.,XXVIII, 3 ssq.). Le gardien de la prison les a léchés : il a lavé les blessures de Paul, et il a cru (Ib., XVI, 33). Heureux chiens, sur qui dégoutte le liquide de tels ulcères, pour combler leur cœurs et fortifier leurs gosiers, afin qu'ils s'entraînent à garder la maison, à défendre le troupeau, à veiller aux loups !