Et ce n'est pas sans raison qu'il a souffert au grand sabbat (Matth., XXVII, 62 ; Lc, XXIII, 54), pour figurer le sabbat où la mort serait détruite par le Christ. Que si les Juifs célèbrent le sabbat au point de considérer un mois et une année entière comme sabbat, combien plus devons-nous célébrer la résurrection du Seigneur ! Aussi nos anciens nous ont-ils appris à célébrer les cinquante jours de la Pentecôte, tous, comme appartenant à Pâques, parce que le début de la huitième semaine fait la Pentecôte. C'est pourquoi l'Apôtre, en disciple du Christ qui savait la distinction des temps, a écrit aux Corinthiens en ces termes : « Je demeurerai peut-être chez vous pour l'hiver » (I Cor., XVI, 6) ; et plus bas : « Je resterai à Ephèse jusqu'à la Pentecôte ; car une grande porte m'est ouverte » (Ib., 8). Ainsi il passe l'hiver chez les Corinthiens, dont les erreurs l'angoissaient, attendu la froideur de leur zèle pour le culte de Dieu ; il célèbre la Pentecôte avec les Éphésiens, leur livre les mystères, se repose le c?ur, parce qu'il les voyait brûlants des ardeurs de la foi. Donc pendant ces cinquante jours l'Eglise ignore le jeûne, comme le dimanche, jour de la résurrection du Seigneur ; et ces jours sont tous comme le dimanche.