Du grain de sénevé nous avons parlé plus haut (VII, 176 ssq.) ; maintenant c'est du mûrier qu'il faut traiter. Je lis : un arbre ; je ne crois pas pourtant que ce soit un arbre : car quelle raison, quel profit pour nous, qu'un arbre, fait pour donner des fruits aux cultivateurs qui peinent, soit déraciné et jeté à la mer ? Sans doute nous croyons possible, par la vertu de la foi, que la nature insensible obéisse à des ordres perceptibles ; pourtant que signifie cette espèce d'arbre ? J'ai lu, il est vrai : « J'étais pâtre de chèvres, grappillant les mûres » (Amos, VII, 14), et je pense que le Prophète a voulu nous marquer qu'il était du troupeau des pécheurs, pécheur lui-même, et s'en est retiré.