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Traité sur l'Évangile de Luc

EXLU · Ambroise de Milan · 389 · FR · 1068 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

Il convient d'ailleurs que, devant prophétiser aux nations, il ait cherché des fruits sur les buissons, tiré sa nourriture des buissons. Il allait installer les troupeaux sombres et malodorants des Gentils, les peuples des nations, dans les pâturages de ses écrits où ils s'engraisseraient d'une nourriture spirituelle, tandis que lui tirerait du pécheur converti le lait spirituel. Mais, comme dans un autre livre des évangiles (Matth., XVII, 19) il est parlé d'une montagne — dont la silhouette dénudée, privée de vignes fécondes et d'oliviers, stérile en moissons, propice aux repaires des bêtes, troublée par les incursions des fauves, semble traduire l'élévation altière de l'esprit mauvais (II Cor., X, 15), selon qu'il est écrit : « Je m'adresse à toi, montagne corrompue, qui corromps toute la terre » (Jér., LI, 25), — il y a lieu de croire qu'en ce passage encore on nous montre la foi chassant l'esprit immonde. D'autant que la nature de l'arbre cadre avec cette opinion : car son fruit est blanc d'abord en sa fleur, puis une fois formé rougit, en mûrissant devient noir. Le diable aussi, déchu par sa prévarication de la blanche fleur de la nature angélique et de l'écarlate de sa puissance, a pris l'horrible noirceur et odeur du péché. Voyez Celui qui dit au mûrier : « Arrache-toi et jette-toi à la mer » : quand Il chasse une Légion d'un homme, Il lui permet de passer en des pourceaux, qui, emportés par l'impulsion diabolique, se sont noyés dans la mer (Lc, VIII, 30 ssq.).