Tels sont donc les ouvriers de notre champ : l'un produit le bon fruit par sa diligence, l'autre le perd par son insouciance, et le législateur l'appelle sang : « L'âme de toute chair, dit-il, c'est son sang» (Lév., XVII, 14); à quoi beaucoup rattachent également ce qui est écrit : « Vous ne mangerez pas la chair dans son sang» (Gen., IX, 4), pour ne pas prendre les voluptés du corps, ensanglantées par les blessures de l'âme, comme une réfection plutôt que comme un sanglant grief ? nous que doit nourrir la parole de Dieu. Il est donc un aliment qui nourrit, il est un aliment de sang : de même, en effet, que la chair du Seigneur est vraiment nourriture, de même son sang est vraiment notre breuvage (Jn, VI, 56). Préparons donc avec nos ?uvres une bonne nourriture au Seigneur, de crainte qu'à son retour, s'il ne trouve pas plus de fruit que sur le figuier (Matth., XXI, 19), laissé à jeun par la stérilité de nos mérites, Il ne retire le dessein de sa tendresse, et ne dise à cette âme, qu' Il aura trouvée dépourvue de fruits et souillée de sang : « Que jamais, à tout jamais, nul fruit ne naisse de toi ! » Donc « l'âme de toute chair, c'est son sang. » Il existe aussi une âme plus excellente, dont Dieu a dit : « Toutes les âmes sont à moi ; comme l'âme du père, l'âme du fils est également à moi » (Ez., XVIII, 4).