Et nous n'oublions pas l'interprétation des deux peuples. Selon elle, en ce monde, qui est très souvent comparé à un champ, il existe deux peuples, celui des croyants et l'autre, qui ne croît pas ; ils seront payés de leurs mérites, et par suite celui qui a la foi sera pris, l'autre, qui n'a pas la foi, sera laissé. Quant aux deux meunières, ce sont les deux âmes, ou encore l'Église et la Synagogue : car d'ordinaire il n'y a pas figuration unique, mais multiple, dans les divines Écritures, si bien qu'une seule parole renferme plusieurs réalités. Ainsi l'esprit de la chair, et l'âme de la chair, et la Synagogue récoltent le blé et moulent la farine qui sont offerts en vain ; mais l'esprit qui est uni à l'âme, et l'âme qui reçoit le salut, ou l'Église de Dieu, récoltent et moulent la farine spirituelle de la Loi véritable : celle dont sont encore faits les pains de proposition que seuls mangent les prêtres, à qui il est prescrit de manger un pain plus pur (Lév., XXIV, 5 ssq.), évidemment Celui qui est descendu du ciel. Or nous sommes tous, si nos mérites s'y prêtent, les prêtres de la justice, consacrés par l'onction d'allégresse (Ps. 44, 8) pour la royauté et le sacerdoce.