Qui donc est cet enfant que doivent imiter les Apôtres du Christ ? Serait-ce un petit quelconque ? Telle serait donc la vertu des apôtres ? Qui donc est l'enfant ? Ne serait-ce pas Celui dont Isaïe a dit : « Un enfant est né pour nous, un fils nous a été donné » (Is., IX, 6) ? C'est en effet cet enfant qui vous a dit : « Prenez votre croix, et suivez-moi » (Matth., XVI, 24, etc.). Et, pour vous faire reconnaître l'enfant : « Outragé, Il n'a pas rendu l'outrage ; frappé, Il n'a pas rendu les coups » (I Pierre, II, 23) : voilà bien la vertu parfaite. Ainsi donc il y a dans l'enfance même comme une vénérable vieillesse des mœurs, et dans la vieillesse une innocence d'enfants ; car « il est une vieillesse vénérable, non par la durée, et qui ne se calcule pas sur le nombre des années : les cheveux blancs sont la sagesse des hommes, et le vieil âge une vie sans tache » (Sag., IV, 8 ssq.). Aussi est-il écrit : « Enfants, louez le Seigneur, louez le nom du Seigneur » (Ps. 112, 1), puisque nul ne loue le Seigneur s'il n'est parfait ; car « nul ne dit que Jésus est Seigneur autrement que par l'Esprit Saint» (I Cor., XII, 3).