Ce n'est pas à l'étourdie que nous faisons ici un détour, à cause de l'obscurité du sens . Car les Juifs, en suivant la tradition des hommes, négligent celle de Dieu ; les disciples, préférant la tradition de Dieu, négligeaient celle des hommes ; ainsi ils ne se lavaient pas les mains quand ils mangeaient le pain, parce que « celui qui est entièrement lavé n'a pas besoin de se laver » (Jn, XIII, 10) les mains ; Jésus les avait lavés, ils n'avaient que faire d'autre ablution : car par son seul baptême le Christ a mis fin à toutes les purifications ; ainsi donc celui qu'a lavé l'Eglise n'a pas besoin d'être de nouveau lavé. Les disciples donc étaient attentifs au mystère, recherchant la pureté non du corps, mais de l'âme ; les Juifs les en reprenaient, mais le Seigneur leur objecte habilement leurs vaines observances et leur négligence de Futile. Il leur dit donc : Pourquoi, vous autres, dites-vous à votre père ou à votre mère, que la Loi prescrit d'honorer : « Tout présent qui vient de moi vous servira ? » Ce qui revient à dire : lorsqu'un père ou une mère dans le besoin demande à son fils quelque chose pour son entretien, ce Juif, qui craint la Loi et cherche une excuse pour ne pas donner, a coutume de dire : « Offrande, tout ce qui dans mon avoir pourrait vous servir » ; si bien que le père, s'il a de la religion, redoutera de recevoir un argent voué à Dieu. Mais ceci est la tradition d'hommes qui excusent et voilent leur avarice ; au contraire la tradition de Dieu est que d'abord vous nourrissiez vos parents : car si la sentence de Dieu punit de mort quiconque outrage un parent, combien plus celui qui l'affame, chose plus grave que la mort !