En cet endroit le Seigneur réprime une vanité déplacée. Beaucoup, en effet, pour être loués par les hommes, donnent à l'Eglise ce qu'ils retirent aux leurs, alors que la miséricorde doit commencer par les devoirs de piété familiale. Donnez donc d'abord à votre père ; donnez aussi au pauvre ; donnez à tel prêtre votre superflu terrestre, pour recevoir de lui le spirituel qui vous manque : car celui qui honore sera honoré. Considérez donc qu'en recevant il donne, et qu'il reçoit non comme indigent, mais comme prêt à vous rembourser dans une plus large mesure. Donnez au pauvre pour qu'il repose, afin que vous aussi, ayant partagé votre bien avec le pauvre, arriviez au repos. Mais si l'Ecriture dit qu'il faut nourrir les parents, elle dit aussi qu'il faut les quitter pour Dieu, s'ils font obstacle à la dévotion de l'âme (Lc, XIV, 26). « Or il advint, comme Il approchait de Jéricho, qu'un aveugle était assis au bord de la route. »