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Gaudete et Exsultate

GE · François · 2018 · FR · 177 paragraphes · vatican.va ↗

Nous n’admettrons pas l’existence du diable si nous nous évertuons à regarder la vie seulement avec des critères empiriques et sans le sens du surnaturel. Précisément, la conviction que ce pouvoir malin est parmi nous est ce qui nous permet de comprendre pourquoi le mal a parfois tant de force destructrice. Les auteurs bibliques avaient certes un bagage conceptuel limité pour exprimer certaines réalités et au temps de Jésus, on pouvait confondre, par exemple, une épilepsie avec la possession du démon. Cependant cela ne doit pas nous porter à trop simplifier la réalité en disant que tous les cas rapportés dans les Evangiles étaient des maladies psychiques et qu’en définitive le démon n’existe pas ou n’agit pas. Sa présence se trouve à la première page des Ecritures, qui se concluent avec la victoire de Dieu sur le démon120Cf. Homélie lors de la Messe à la Résidence Sainte-Marthe (11 octobre 2013) : L’Osservatore Romano, éd. en langue française (17 octobre 2013), p. 7.. De fait, quand Jésus nous a enseigné le Notre Père, il a demandé que nous terminions en demandant au Père de nous délivrer du Mal. Le terme utilisé ici ne se réfère pas au mal abstrait et sa traduction plus précise est “le Malin”. Il désigne un être personnel qui nous harcèle. Jésus nous a enseigné à demander tous les jours cette délivrance pour que son pouvoir ne nous domine pas.

Ne pensons donc pas que c’est un mythe, une représentation, un symbole, une figure ou une idée121Cf. Paul VI, Catéchèse (15 novembre 1972) : Insegnamenti X [1972], pp. 1168-1170 : « Un des besoins principaux est la défense contre ce mal que nous appelons Démon […] Le mal n’est pas seulement une déficience mais une efficience, un être vivant, spirituel, perverti et pervertisseur. Réalité terrible, mystérieuse et effrayante. Celui qui se refuse à la reconnaître comme existante sort du cadre de l’enseignement biblique et ecclésiastique ; ou bien celui qui en fait un principe se tenant par lui-même, n’ayant pas lui-même, comme toute créature, son origine en Dieu ; ou qui l’explique comme pseudo-réalité, une personnification conceptuelle et fantastique des causes ignorées de nos infirmités ».. Cette erreur nous conduit à baisser les bras, à relâcher l’attention et à être plus exposés. Il n’a pas besoin de nous posséder. Il nous empoisonne par la haine, par la tristesse, par l’envie, par les vices. Et ainsi, alors que nous baissons la garde, il en profite pour détruire notre vie, nos familles et nos communautés, car il rôde « comme un lion rugissant cherchant qui dévorer » (1P 5, 8).

Notes

  1. 120. Cf. Homélie lors de la Messe à la Résidence Sainte-Marthe (11 octobre 2013) : L’Osservatore Romano, éd. en langue française (17 octobre 2013), p. 7.
  2. 121. Cf. Paul VI, Catéchèse (15 novembre 1972) : Insegnamenti X [1972], pp. 1168-1170 : « Un des besoins principaux est la défense contre ce mal que nous appelons Démon […] Le mal n’est pas seulement une déficience mais une efficience, un être vivant, spirituel, perverti et pervertisseur. Réalité terrible, mystérieuse et effrayante. Celui qui se refuse à la reconnaître comme existante sort du cadre de l’enseignement biblique et ecclésiastique ;ou bien celui qui en fait un principe se tenant par lui-même, n’ayant pas lui-même, comme toute créature, son origine en Dieu ;ou qui l’explique comme pseudo-réalité, une personnification conceptuelle et fantastique des causes ignorées de nos infirmités ».