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Somme théologique

STH · Thomas d'Aquin · 1274 · FR · 3114 paragraphes · docteurangelique.free.fr ↗

Article 3 — La bénédiction et la sanctification du septième jour

Objections :

1. Il semble que bénédiction et sanctification n’étaient pas dues au septième jour. Un temps est ordinairement appelé béni ou saint parce qu’à ce moment un bonheur est arrivé ou un malheur a été évité Or à Dieu rien n’est ajouté ni enlevé, qu’il opère ou qu’il cesse d’opérer. Bénédiction et sanctification spéciales ne sont donc pas dues au septième jour.

2. Le mot bénédiction vient de bonté. Or, le bien est diffusif et communicatif de lui-même, selon Denys. Donc les jours où Dieu a produit les créatures auraient dû bien plus encore être bénis que le jour où il a cessé de les produire.

3. Précédemment, pour chacune des créatures, il est fait mention d’une certaine bénédiction, quand il est dit à propos de chaque œuvre : "Et Dieu vit que c’était bon." Il n’était donc pas nécessaire qu’après la production de toutes les choses le septième jour fût béni.

En sens contraire :

La Genèse dit : "Et Dieu bénit le septième jour et il le sanctifia, car ce jour-là il avait cessé toute son œuvre."

Réponse :

Nous avons vu plus haut que le repos de Dieu au septième jour est à entendre de deux manières : 1. En ce sens qu’il s’est arrêté de constituer de nouvelles choses, mais en continuant de conserver et d’administrer la créature constituée. 2. En ce sens qu’après avoir créé ses œuvres il se reposa en lui-même. - Du premier point de vue, la bénédiction convient au septième jour. Car, comme nous l’avons vu, la bénédiction concerne la multiplication, et c’est pourquoi Dieu dit aux créatures qu’il bénit : "Croissez et multipliez". Or, la multiplication se fait par l’organisation des créatures, en tant qu’elles s’engendrent de semblables à semblables. - Du second point de vue, la sanctification convient au septième jour. En effet, la sanctification d’un être se prend éminemment de ce qu’il trouve son repos en Dieu. Et c’est pourquoi les choses vouées à Dieu sont appelées saintes, elles aussi.

Solutions :

1. Le septième jour n’est pas sanctifié en ce sens que quelque chose pourrait être ajouté à Dieu ou lui être retiré, mais parce que quelque chose s’ajoute aux créatures par leur multiplication et par leur repos en Dieu.

2. Dans les six premiers jours, les choses ont été produites dans leurs premières causes. Mais ultérieurement, à partir de ces premières causes, les choses se multiplient et se conservent, ce qui relève aussi de la bonté de Dieu. Et la perfection divine se manifeste éminemment en ce que lui-même se repose en elle seule, et en ce que nous-mêmes pouvons-nous reposer en jouissant de cette perfection.

3. Le bien dont il est fait mention chaque jour appartient à la première institution de la nature ; mais la bénédiction du septième jour appartient à sa propagation.