Article 4 — La femme a-t-elle été faite immédiatement par Dieu ?
Objections :
1. Aucun individu produit à partir d’un être de la même espèce n’est fait immédiatement par Dieu. Mais la femme a été faite de l’homme, qui est de la même espèce qu’elle. Donc elle n’a pas été faite immédiatement par Dieu.
2. Saint Augustin dit que Dieu administre les choses corporelles par les anges. Mais le corps de la femme a été fait d’une matière corporelle. Par conséquent il a été fait par le ministère des anges et non immédiatement par Dieu.
3. Les choses qui ont préexisté dans les créatures selon les raisons causales sont produites par la vertu de quelque créature, et non pas immédiatement par Dieu. Mais, dit Saint Augustin, le corps de la femme fut produit selon les raisons causales dans les premières œuvres. Donc la femme ne fut pas produite immédiatement par Dieu.
En sens contraire :
Saint Augustin a dit " Former ou façonner une côte pour faire exister une femme, personne ne le pouvait, si ce n’est Dieu, par qui toute la nature subsiste. "
Réponse :
Comme on l’a dit plus haut, la génération naturelle, dans chaque espèce, se fait à partir d’une matière déterminée. Or, la matière à partir de laquelle se fait naturellement la génération d’un être humain, c’est la semence humaine de l’homme ou de la femme. C’est pourquoi aucun individu de l’espèce humaine ne peut être engendré naturellement à partir d’aucune autre matière, quelle qu’elle soit. Dieu seul, qui a institué la nature, peut produire les choses dans l’existence en dehors de l’ordre de la nature. Et c’est pourquoi Dieu était le seul à pouvoir former et l’homme du limon de la terre, et la femme de la côte de l’homme.
Solutions :
1. Cet argument porte quand un individu est engendré à partir d’un être qui lui est spécifiquement semblable, par engendrement naturel.
2. Comme dit Saint Augustin, nous ne savons pas si les anges ont apporté leur ministère à Dieu dans la formation de la femme ; ce qui est certain toutefois, c’est que de même que le corps de l’homme n’a pas été formé du limon par les anges, le corps de la femme non plus ne fut pas formé par eux de la côte de l’homme.
3. Saint Augustin dit encore : " La première création des choses ne comportait pas absolument que la femme fût faite de cette façon, mais comportait qu’elle pût l’être ainsi. " Et c’est pourquoi ce n’est pas selon une puissances active que le corps de la femme a préexisté selon les raisons causales dans les premières œuvres, mais seulement selon une puissance passive qui se définit en fonction de la puissance active du Créateur.