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Somme théologique

STH · Thomas d'Aquin · 1274 · FR · 3114 paragraphes · docteurangelique.free.fr ↗

Article 4 — Convient-il de la diviser en pénitence d'avant baptême, pénitence des péchés mortels et pénitence des péchés véniels ?

Objections :

1. Il semble qu'il ne convient pas de diviser la pénitence en "pénitence d'avant baptême", "pénitence des péchés mortels" et "pénitence des péchés véniels". La pénitence est en effet, comme on l'a dit précédemment, la seconde planche après le naufrage, tandis que le baptême est la première. Ce qui précède le baptême ne doit donc pas être compté comme une espèce de la pénitence.

2. En fait de destruction, qui peut le plus peut le moins. Or le péché mortel est plus que le péché véniel, et la pénitence qui pleure les fautes mortelles est aussi la même que celle qui s'afflige des péchés véniels. Il n'y a donc pas à distinguer diverses espèces de pénitence.

3. On pêche mortellement ou véniellement aussi bien avant le baptême qu'après. Si donc après le baptême, on distingue une pénitence des péchés mortels et une pénitence des péchés véniels, on a les mêmes raisons de faire cette distinction avant le baptême.

Cependant :

C'est saint Augustin qui distingue ces trois espèces de pénitence dans le livre De Paenitentia.

Conclusion :

Cette division de saint Augustin est une division de la pénitence en tant qu'elle est une vertu. Or on doit considérer que chaque vertu règle son opération sur les exigences de la circonstance de temps, comme les autres circonstances. Il s'ensuit que l'acte de la vertu de pénitence se conforme maintenant aux exigences de la Loi nouvelle. Mais il appartient à la pénitence de nous faire détester nos péchés passés, avec la résolution d'améliorer notre vie. Cette amélioration est pour ainsi dire la fin de la pénitence, et comme les vertus morales sont spécifiées par leur fin, ainsi qu'on l'a vu de la seconde Partie, il convient qu'on distingue différentes espèces de pénitence, d'après les différentes sortes d'amélioration que le pénitent a en vue. Or le pénitent peut vouloir trois sortes de changement de vie :

- 1° La renaissance à une vie nouvelle par le baptême, et c'est là l'objet de la pénitence d'avant le baptême.

- 2° La réforme de sa vie passée déjà corrompue et c'est ce que cherche la pénitence des péchés mortels commis après le baptême.

- 3° Le perfectionnement de son opération vitale, et c'est ce que poursuit la pénitence des péchés véniels qui sont remis par un acte fervent de charité comme nous l'avons dit.

Solutions :

1. La pénitence d'avant le baptême n'est pas un sacrement, mais un acte de la vertu de pénitence nous disposant au sacrement du baptême.

2. La pénitence qui efface les péchés mortels commis après le baptême efface aussi les péchés véniels, mais la réciproque n'est pas vraie. C'est pourquoi ces deux pénitences se distinguent comme le parfait et l'imparfait.

3. Avant le baptême, il n'y a pas de péché véniel sans péché mortel et comme le péché véniel ne peut pas être pardonné indépendamment du péché mortel, ainsi que nous l'avons dit, il s'ensuit qu'avant le baptême, il n'y a pas lieu de distinguer la pénitence des péchés mortels, de celle des péchés véniels.

[4] La virginité perpétuelle de Marie, y compris au plan physique, est une vérité de foi proclamée lors du deuxième concile de Constantinople (553) qui prononce dans le second anathème : "Le Verbe de Dieu, s'étant incarné dans la sainte et glorieuse Mère de Dieu et toujours Vierge Marie est né d'elle." (Voir Dentzinger 214 ; cf. Constitution de Paul IV de 1555, Dz. 993)