Article 3 — Le caractère de l’Ordre présuppose-t-il le caractère baptismal ?
Objections :
1. Il semble que le caractère de l’Ordre ne présuppose pas le caractère baptismal. Le caractère de l’Ordre donne le pouvoir d’administrer les sacrements ; celui du baptême, de les recevoir. Or, une puissance active ne présuppose pas nécessairement de puissance passive, mais peut exister sans elle, comme c’est le cas de Dieu.
2. Un homme peut bien ne pas être baptisé, qui croit l’avoir été. Mais alors, s’il se présente aux ordres, il ne recevra pas le caractère de l’Ordre, si ce caractère présuppose celui du baptême. Ainsi ses actes : consécration, absolution, seront nuls, et l’Église sera trompée, ce qu’on ne saurait admettre.
Cependant :
Le baptême est la porte des sacrements. L’Ordre, un sacrement, présuppose donc le baptême.
Conclusion :
On ne reçoit que ce qu’on est capable de recevoir, Or, c’est le caractère du baptême qui rend capable de recevoir les sacrements. Celui donc qui ne l’a pas, ne peut pas recevoir les autres sacrements. Ainsi le caractère de l’Ordre suppose celui du baptême.
Solutions :
1. Dans un sujet qui a par lui-même une puissance active, celle-ci ne suppose pas de puissance passive. Mais pour celui qui reçoit d’un autre la puissance active, il faut nécessairement une puissance passive pour la recevoir.
2. Si cet homme est promu au sacerdoce, il n’est pas prêtre. Il ne peut ni consacrer, ni absoudre au tribunal de la pénitence selon le droit canon il doit être baptisé, puis ordonné de nouveau. Et s’il est promu à l’épiscopat, ceux qu’il ordonne ne reçoivent pas les ordres. Mais on peut légitimement croire pour ce qui est des effets derniers des sacrements, que le Souverain Prêtre suppléerait à cette déficience, et ne permettrait pas que ce mal soit caché au point de provoquer quelque danger pour l’Église.