Le travail est un droit fondamental et c'est un bien pour l'homme: 619Cf. Concile Œcuménique Vatican II, Const. past. Gaudium et spes, 26: AAS 58 (1966) 1046-1047; Jean-Paul II, Encycl. Laborem exercens, 9, 18: AAS 73 (1981) 598- 600, 622-625; Id., Discours à l'Académie Pontificale des Sciences Sociales (25 avril 1997), 3: AAS 90 (1998) 139-140; Id., Message pour la Journée Mondiale de la Paix 1999, 8: AAS 91 (1998) 382-383. un bien utile, digne de lui car apte précisément à exprimer et à accroître la dignité humaine. L'Église enseigne la valeur du travail non seulement parce qu'il est toujours personnel, mais aussi en raison de son caractère de nécessité.620Cf. Léon XIII, Encycl. Rerum novarum: Acta Leonis XIII, 11 (1892) 128. Le travail est nécessaire pour fonder et faire vivre une famille,621Cf. Jean-Paul II, Encycl. Laborem exercens, 10: AAS 73 (1981) 600-602. pour avoir droit à la propriété,622Cf. Léon XIII, Encycl. Rerum novarum: Acta Leonis XIII, 11 (1892) 103; Jean- Paul II, Encycl. Laborem exercens, 14: AAS 73 (1981) 612-616; Id., Encycl. Centesimus annus, 31: AAS 83 (1991) 831-832. pour contribuer au bien commun de la famille humaine.623Cf. Jean-Paul II, Encycl. Laborem exercens, 16: AAS 73 (1981) 618-620. La considération des implications morales que comporte la question du travail dans la vie sociale conduit l'Église à qualifier le chômage de « véritable calamité sociale »,624Jean-Paul II, Encycl. Laborem exercens, 18: AAS 73 (1981) 623. surtout pour les jeunes générations.
Le travail est un bien de tous, qui doit être disponible pour tous ceux qui en sont capables. Le « plein emploi » est donc un objectif nécessaire pour tout système économique tendant à la justice et au bien commun. Une société dans laquelle le droit au travail est déprécié ou systématiquement nié et où les mesures de politique économique ne permettent pas aux travailleurs d'atteindre des niveaux d'emploi satisfaisants, « ne peut ni obtenir sa légitimation éthique ni assurer la paix sociale ».625Jean-Paul II, Encycl. Centesimus annus, 43: AAS 83 (1991) 848; cf. Catéchisme de l'Église Catholique, 2433. Un rôle important et donc une responsabilité spécifique et grave incombent, dans ce domaine, à « l'employeur indirect »,626Cf. Jean-Paul II, Encycl. Laborem exercens, 17: AAS 73 (1981) 620-622. à savoir aux sujets — personnes ou institutions de toutes sortes — qui sont en mesure d'orienter, au niveau national ou international, la politique du travail et de l'économie.
La capacité de programmation d'une société orientée vers le bien commun et projetée vers le futur se mesure aussi et surtout en fonction des perspectives de travail qu'elle peut offrir. Un taux élevé de chômage, la présence de systèmes d'instruction obsolètes et de difficultés persistantes dans l'accès à la formation et au marché du travail constituent, surtout pour beaucoup de jeunes, un fort obstacle sur la route de la réalisation humaine et professionnelle. Celui qui est sans emploi ou qui est sous- employé subit, de fait, les conséquences profondément négatives que cette condition entraîne sur sa personnalité et il risque d'être placé en marge de la société, de devenir une victime de l'exclusion sociale.627Cf. Catéchisme de l'Église Catholique, 2436. C'est un drame qui frappe, en général, non seulement les jeunes, mais aussi les femmes, les travailleurs moins spécialisés, les handicapés, les immigrés, les anciens prisonniers, les analphabètes, tous les sujets qui rencontrent davantage de difficultés dans la recherche d'une place dans le monde du travail.
Le maintien d'un emploi dépend toujours plus des capacités professionnelles.628Cf. Concile Œcuménique Vatican II, Const. past. Gaudium et spes, 66: AAS 58 (1966) 1087-1088. Le système d'instruction et d'éducation ne doit pas négliger la formation humaine et technique, nécessaire pour remplir avec profit les fonctions requises. La nécessité toujours plus répandue de changer plusieurs fois d'emploi au cours de la vie impose au système éducatif de favoriser la disponibilité des personnes à une requalification et un perfectionnement permanents. Les jeunes doivent apprendre à agir de manière autonome, à devenir capables d'assumer de façon responsable le devoir d'affronter avec des compétences appropriées les risques liés à un contexte économique mobile et aux évolutions souvent imprévisibles.629Cf. Jean-Paul II, Encycl. Laborem exercens, 12: AAS 73 (1981) 605-608. Il est tout aussi indispensable d'offrir aux adultes en quête de requalification et aux chômeurs des occasions de formation opportunes. Plus généralement, le parcours professionnel des personnes doit trouver de nouvelles formes concrètes de soutien, à commencer par le système de formation, de sorte qu'il soit moins difficile de traverser des phases de changement, d'incertitude et de précarité.