Le Magistère condamne « la barbarie de la guerre » 1032Concile Œcuménique Vatican II, Const. past. Gaudium et spes, 77: AAS 58 (1966) 1100; cf. Catéchisme de l'Église Catholique, 2307-2317. et demande qu'elle soit considérée avec une approche complètement nouvelle. 1033Cf. Concile Œcuménique Vatican II, Const. past. Gaudium et spes, 80: AAS 58 (1966) 1103-1104. De fait, « il devient humainement impossible de penser que la guerre soit, en notre ère atomique, le moyen adéquat pour obtenir justice ».1034Jean XXIII, Encycl. Pacem in terris: AAS 55 (1963) 291. La guerre est un « fléau » 1035Léon XIII, Allocution au Collège des Cardinaux, Acta Leonis XIII, 19 (1899) 270-272. et ne constitue jamais un moyen approprié pour résoudre les problèmes qui surgissent entre les nations: « Elle ne l'a jamais été et ne le sera jamais »,1036Jean-Paul II, Rencontre avec les Collaborateurs du Vicariat de Rome (17 janvier 1991): L'Osservatore Romano, éd. française, 22 janvier 1991, p. 1; cf. Id., Discours aux Évêques de Rite latin de la Région Arabe (1er octobre 1990), 4: AAS 83 (1991) 475. car elle engendre des conflits nouveaux et plus complexes.1037Cf. Paul VI, Discours aux Cardinaux (24 juin 1965): AAS 57 (1965) 643- 644. Quand elle éclate, la guerre devient un « massacre inutile »,1038Benoît XV, Appel aux Chefs des peuples belligérants (1er août 1917): AAS 9 (1917) 423. une « aventure sans retour »,1039Jean-Paul II, Prière pour la paix à l'Audience Générale (16 janvier 1991): L'Osservatore Romano, éd. française, 22 janvier 1991, p. 1. qui compromet le présent et met en danger l'avenir de l'humanité: « Avec la paix, rien n'est perdu; mais tout peut l'être par la guerre ».1040Pie XII, Radio-message (24 août 1939): AAS 31 (1939) 334; Jean-Paul II, Message pour la Journée Mondiale de la Paix 1993, 4: AAS 85 (1993) 433-434; cf. Jean XXIII, Encycl. Pacem in terris: AAS 55 (1963) 288. Les dommages causés par un conflit armé ne sont pas seulement matériels, mais aussi moraux.1041Cf. Concile Œcuménique Vatican II, Const. past. Gaudium et spes, 79: AAS 58 (1966) 1102-1103. La guerre, en définitive, est « la faillite de tout humanisme authentique »,1042Jean-Paul II, Message pour la Journée Mondiale de la Paix 1999, 11: AAS 91 (1999) 385. « elle est toujours une défaite de l'humanité »: 1043Jean-Paul II, Discours au Corps Diplomatique (13 janvier 2003), 4: AAS 95 (2003) 323. « Jamais plus les uns contre les autres, jamais, plus jamais! (...) jamais plus la guerre, jamais plus la guerre! ».1044Paul VI, Discours à l'Assemblée Générale des Nations Unies (4 octobre 1965), 5: AAS 57 (1965) 881.
La recherche de solutions alternatives à la guerre pour résoudre les conflits internationaux a revêtu aujourd'hui un caractère d'une urgence dramatique, car « la puissance terrifiante des moyens de destruction, accessibles même aux petites et moyennes puissances, ainsi que les relations toujours plus étroites existant entre les peuples de toute la terre, rendent la limitation des conséquences d'un conflit très ardue ou pratiquement impossible ».1045Jean-Paul II, Encycl. Centesimus annus, 51: AAS 83 (1991) 857. La recherche des causes à l'origine d'une guerre est donc essentielle, surtout celles liées à des situations structurelles d'injustice, de misère, d'exploitation, sur lesquelles il faut intervenir dans le but de les éliminer: « C'est pourquoi l'autre nom de la paix est le développement. Il y a une responsabilité collective pour éviter la guerre, il y a de même une responsabilité collective pour promouvoir le développement ».1046Jean-Paul II, Encycl. Centesimus annus, 52: AAS 83 (1991) 858.
Les États ne disposent pas toujours des instruments adéquats pour pourvoir efficacement à leur défense; d'où la nécessité et l'importance des Organisations internationales et régionales, qui doivent être en mesure de collaborer pour faire face aux conflits et favoriser la paix, en instaurant des relations de confiance réciproque capables de rendre impensable le recours à la guerre: 1047Cf. Jean XXIII, Encycl. Pacem in terris: AAS 55 (1963) 288-289. « Il est permis d'espérer que les peuples, intensifiant entre eux les relations et les échanges, découvriront mieux les liens d'unité qui découlent de leur nature commune; ils comprendront plus parfaitement que l'un des devoirs primordiaux issus de leur communauté de nature, c'est de fonder les relations des hommes et des peuples sur l'amour et non sur la crainte. C'est en effet le propre de l'amour d'amener les hommes à une loyale collaboration, susceptible de formes multiples et porteuse d'innombrables bienfaits ».1048Jean XXIII, Encycl. Pacem in terris: AAS 55 (1963) 291.