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Compendium de la doctrine sociale de l'Église

DSE · C. Justice & Paix · 2004 · FR · 583 paragraphes · vatican.va ↗

Les consommateurs, qui disposent très souvent de vastes marges de pouvoir d'achat, bien au-delà du seuil de subsistance, peuvent beaucoup influer sur la réalité économique par leurs libres choix entre consommation et épargne. La possibilité d'influencer les choix du système économique se trouve en effet entre les mains de ceux qui doivent décider de la destination de leurs ressources financières. Aujourd'hui plus que par le passé, il est possible d'évaluer les options disponibles, non seulement sur la base du rendement prévu ou de leur degré de risque, mais aussi en exprimant un jugement de valeur sur les projets d'investissement que ces ressources iront financer, conscients que « le choix d'investir en un lieu plutôt que dans un autre, dans un secteur de production plutôt qu'en un autre, est toujours un choix moral et culturel ».744Jean-Paul II, Encycl. Centesimus annus, 36: AAS 83 (1991) 839-840.

L'utilisation du pouvoir d'achat doit s'exercer dans le contexte des exigences morales de la justice et de la solidarité et de responsabilités sociales précises: il ne faut pas oublier le « devoir de la charité », c'est- à-dire le « devoir de donner de son “superflu” et aussi parfois de son “nécessaire” pour subvenir à la vie du pauvre ».745Jean-Paul II, Encycl. Centesimus annus, 36: AAS 83 (1991) 839. Cette responsabilité confère aux consommateurs la possibilité d'orienter, grâce à une plus grande circulation des informations, le comportement des producteurs, à travers la décision — individuelle ou collective — de préférer les produits de certaines entreprises à d'autres, en tenant compte non seulement des prix et de la qualité des produits, mais aussi de l'existence de conditions de travail correctes dans les entreprises, ainsi que du degré de protection assuré au milieu naturel environnant.

Le phénomène de la société de consommation maintient une orientation persistante vers l'« avoir » plutôt que vers l'« être ». Il empêche de « distinguer correctement les formes nouvelles et les plus élevées de satisfaction des besoins humains et les besoins nouveaux induits qui empêchent la personnalité de parvenir à sa maturité ».746Jean-Paul II, Encycl. Centesimus annus, 36: AAS 83 (1991) 839. Pour lutter contre ce phénomène, il est nécessaire de s'employer à construire « un style de vie dans lequel les éléments qui déterminent les choix de consommation, d'épargne et d'investissement soient la recherche du vrai, du beau et du bon, ainsi que la communion avec les autres hommes pour une croissance commune ».747Jean-Paul II, Encycl. Centesimus annus, 36: AAS 83 (1991) 839. Il est indéniable que les influences du contexte social sur les styles de vie sont importantes: voilà pourquoi le défi culturel que pose aujourd'hui la société de consommation doit être affronté avec plus de détermination, surtout si l'on considère les générations futures qui risquent de devoir vivre dans un milieu naturel saccagé par les excès et les désordres de la société de consommation.748Cf. Jean-Paul II, Encycl. Centesimus annus, 37: AAS 83 (1991) 840. V. LES « RES NOVAE » EN ÉCONOMIE

Notes

  1. 744. Jean-Paul II, Encycl. Centesimus annus, 36: AAS 83 (1991) 839-840.
  2. 745. Jean-Paul II, Encycl. Centesimus annus, 36: AAS 83 (1991) 839.
  3. 746. Jean-Paul II, Encycl. Centesimus annus, 36: AAS 83 (1991) 839.
  4. 747. Jean-Paul II, Encycl. Centesimus annus, 36: AAS 83 (1991) 839.
  5. 748. Cf. Jean-Paul II, Encycl. Centesimus annus, 37: AAS 83 (1991) 840.