Encore un point qui ne nous semble pas négligeable. De l'époque de David jusqu'à Jéchonias, c'est-à-dire jusqu'à la captivité, bien qu'il y ait eu dix-sept rois de Judée, S. Matthieu a inscrit quatorze générations ; et de même, depuis Jéchonias jusqu'à Joseph, où l'on trouve en comptant par homme douze générations, il déclare avoir inscrit quatorze générations. Vous lisez en effet : « Toutes les générations d'Abraham jusqu'à David font quatorze générations, et de David jusqu'à l'exil de Babylone quatorze générations, et de l'exil de Babylone jusqu'au Christ quatorze générations. » Tout d'abord il faut savoir, nous l'avons déjà dit plus haut, qu'il peut y avoir plus de successions, moins de générations : tels en effet peuvent vivre plus longtemps et engendrer sur le tard, ou encore être complètement privés de postérité. Ainsi la durée des rois n'est pas celle des générations. C'est bien la raison pour laquelle S. Matthieu a omis ceux qu'il a jugés ne pas appartenir à la généalogie : car, s'il avait eu le dessein d'établir leur succession, nous aurions lieu d'être émus de ce que, les Livres des Rois et des Paralipomènes s'accordant à faire régner, après Joram, Ochozias et Jodas et Amasias, puis à faire succéder à Amasias Ozias, S. Matthieu ait omis les trois rois Ochozias, Jodas et Amasias et fait suivre Joram de Josaphat. Mais il l'a fait suivre non dans la succession des rois mais dans la généalogie ; au reste, il a rappelé qu'il rapporte les générations. Or il a pu se faire que Joram ait engendré tardivement et que Josaphat soit parvenu sur le tard à la royauté, et qu'ainsi n'ayant pas succédé à son père Joram en son pouvoir, il vienne après lui généalogiquement.