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Traité sur l'Évangile de Luc

EXLU · Ambroise de Milan · 389 · FR · 1068 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

Cette oeuvre de l'Église n'est donc pas improvisée ni livrée au hasard, mais réalisée par une longue élaboration, en sorte que les trois éléments ne fassent qu'un, sans être viciés par la loi du péché. Nous trouvons la justification de cette pensée dans l'Apôtre, quand il dit : « Que le Seigneur lui-même vous sanctifie totalement, afin que sans tache esprit, âme et corps soient gardés sans reproche au jour de Nôtre-Seigneur Jésus-Christ» (1Thess., V, 23) : ce qui ne saurait s'accomplir, parmi les tentations du siècle, si la femme de l'Evangile n'enfouit ce levain, auquel est comparé le Royaume des cieux, dans les trois mesures de farine, pour faire lever tout l'ensemble. Car il y a trois mesures, comme je l'ai dit, celles de la chair, de l'âme et de l'esprit : mais de cet esprit dont nous vivons tous tandis que nous sommes en ce corps. Ceci est surtout vrai quand la licence de la chair ne prend pas le dessus, quand l'âme ne se plie pas aux égarements du corps, et quand la mesure dans la vie est observée sans faute par l'homme tout entier. Mais comme l'égalité des mesures se maintient difficilement sans l'aide de l'Eglise et de la doctrine, cette femme qui fait figure de l'Eglise leur mêle la vertu de la doctrine spirituelle, jusqu'à ce que tout l'homme intérieur, l'homme du c?ur, l'homme invisible, fermente et s'élève à la dignité de pain céleste. Il sied en effet d'appeler levain la doctrine du Christ, parce que le Christ est pain, et que l'Apôtre a dit : « Notre multitude n'est qu'un pain, qu'un corps » (I Cor., X, 17).